Il fallait que le temps passe. Pressé qu’il était de son infinité. Il fallait… Toujours allant son pas comme un cri bondissant aux parois cabossées. Là où son cœur bleu dépliait ses cils humides encore, une pointe éperonnant le volet battu de vent. Il fallait qu’il devint l’ombre de l’or, sa face figurée, son passage passé, son revers plissé. Un souvenir bref et ciselant la chair comme un manteau pelé de son rouge velours. Là où, chancelant et rompu des os aux fleurs de la peau, battait le vain silence comme des bras accueillant. Des empreintes effleurant de la neige et l’ivresse et le vide. Il n’y avait ni loin, ni ailleurs, ni au-delà… Juste une ombre, toujours brandissant ses rivages comme des horizons. Une ombre bouche close sans un mot pour l’ouvrir. Une lueur partie. Elle avait mis sa main hors de sa main. Ne restait plus qu’une étreinte capricieuse et accrochant encore, toujours sa voix de percuteur abreuvant la mitraille. Un semblant de sel creusait l’air semblable à la fourche effreinée étreignant la terre meuble. Et un complet de lettres sans phrases à vêtir. Une parodie de rire bruissant à des lèvres scellées. Ah comme beau était le mirageux spectacle. Là debout, sur la pierre courroucée et dansant sa rêverie froissée comme une mélodie de corde sans arc à peindre au ciel. Un soupçon serti au bout d’un doigt fertile infligeant sa sentence. Il fallait juste que le temps passe son chemin. Il fait froid, tant tellement froid en ce monde lassé d’être là. Que belle fut la rupture d’airain. Que pleutre fut le regard vieil et brouillé d’encore regarder l’en-dedans du carnage. Il fallait juste que le temps passe sa râpeuse fringale, son appétit porté telle une voilure hâchée. Un jour, un autre, un amoncellement fol d’heures hypocrites et railleuses. Trouvé, le trésor était un cor de chasse rêves. Un pétale rouge et frêle que la lumière solaire offrait en sacrifice. Ah que bel fut le trou dans la vêture quand les mots d’aimer furent dénudés. Il fallait juste que le temps passe.
C’était un temps déraisonnable
